L’activité physique a un effet positif sur le risque de survenue de maladie cardiovasculaire.
De nombreuses études épidémiologiques ont cherché à démontrer l’efficacité de l’exercice physique sur la survenue et le traitement des maladies cardio-vasculaires :
– Une activité physique intense est associée à une réduction de l’ordre de 50 % du risque d’accident cardiaque fatal ou non. 9 375 hommes âgés de 45 à 64 ans
– Une activité physique modérée entraîne une réduction de l’ordre de 25 % de la mortalité par accident cardio-vasculaire.12 135 hommes âgés de 35 à 57 ans
– Une activité physique faite de longues marches ou de nage, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, entraîne une réduction de plus de 50 % de la mortalité par maladie cardio-vasculaire. 6 131 adultes de 16 à 90 ans.
– Marcher plus de 4 heures par semaine, par rapport à marcher moins d’une heure pour des personnes âgées de plus de 65 ans est associé à une réduction de 30 % des hospitalisations pour maladies cardio-vasculaires
– une marche de moins d’un mile par jour est associée à une mortalité deux fois plus élevée que marcher plus de deux miles. chez des personnes âgées de 61 à 81 ans
– des hommes sédentaires et en mauvaise condition physique ont deux fois plus de risque de développer une maladie cardio-vasculaire que ceux pratiquant une activité physique légère de plus de quatre heures par semaine, et ce même s’ils sont encore en mauvaise condition physique. sur 5 000 hommes
– Une marche rapide de plus de trois heures par semaine réduit de 35 % le risque cardio-vasculaire par rapport à quelqu’un qui ne marche pas. Réduction du risque identique avec une activité physique intense. 72 000 femmes âgées de 40 à 65 ans
La réduction des risques est directement liée à l’importance de la dépense énergétique.
La diminution des risques est liée au volume d’activité physique qui se traduit par la dépense énergétique. Plus elle augmente, de 520 kcal par semaine à 3 000 k/cal, plus le risque de décès diminue.
Cette réduction atteint 24 % en termes de mortalité cardio-vasculaire pour ceux qui dépensent 2 000 k/calories par semaine.
Un programme de réhabilitation à l’exercice physique après un infarctus du myocarde conduit à réduire la mortalité, toutes causes confondues, de 24 %, et la mortalité cardio-vasculaire de 25 %.
Deux chiffres à retenir :
– Le risque de maladie cardio-vasculaire des inactifs par rapport aux actifs est multiplié par 2 à 6 selon les études épidémiologiques
– Le risque de survenue de maladies cardio-vasculaires est cinq fois moins élevé chez ceux qui ont une condition physique cardio-respiratoire (appréciée par la VO2 max de bonne qualité).
Certains effets se font directement sur le Coeur.
L’activité physique permet :
– Une réduction de la fréquence cardiaque au repos : Cette réduction via l’activité parasympathique du cœur qui a pour fonction de réduire la fréquence cardiaque. C’est cette fonction qui est activée lors de la pratique régulière d’une activité physique.
Un cœur qui bat plus lentement est dans les conditions plus propices pour assurer ses fonctions à l’effort. Une fréquence cardiaque basse témoigne d’une bonne condition physique et une fréquence cardiaque qui baisse témoigne d’un entrainement physique dont les effets se font sentir. La fréquence cardiaque est la manifestation la plus évidente sur le cœur d’une activité physique régulière
– Une réduction de la fréquence cardiaque à l’effort qui améliore la capacité fonctionnelle et la réserve cardiaque. Ceci permet de mieux protéger le cœur durant l’effort en assurant une meilleure perfusion des artères coronaires dont le rôle est de fournir de l’oxygène au muscle cardiaque
– Une amélioration de la contraction cardiaque et du volume d’éjection. L’entraînement physique augmente la force de la contraction cardiaque et par voie de conséquence volume de sang éjecté lors de chaque contraction du cœur. Cette augmentation, de 20 % ou plus permet une meilleure adaptation du cœur à l’effort.
Certains effets se font sur les vaisseaux et la circulation sanguine.
Ces effets sont multiples :
– Réduction de la pression artérielle : La pression artérielle au repos et celle survenant pendant l’effort sont plus basses quand on est entraîné. Il en résulte des phénomènes permettant de mieux protéger le cœur qui fait moins d’effort lors de l’éjection. Des études montrent une réduction moyenne de 10 mm hg pour la pression systolique et de 7,5 pour la pression diastolique lors d’un entraînement physique régulier.
– Action sur la paroi des artères : L’endothélium est la partie interne de la paroi des vaisseaux, celle qui est contact avec le sang. Il joue un rôle important dans le tonus de l’artère. Cette fonction de dilatation de l’artère est altérée par des facteurs de risques tels que l’hypercholestérolémie, le diabète, le tabac et l’hypertension.
– Augmentation du tonus veineux : L’entraînement physique induit une augmentation du tonus veineux. Ceci conduit à augmenter le volume de sang qui revient vers le cœur et donc à augmenter le volume de sang éjecté à chaque contraction.
– Augmentation du volume plasmatique: Elle se fait très prématurément dans les phases d’entraînement. Il en résulte une augmentation du volume de sang revenant dans le cœur et par conséquent une augmentation du volume d’éjection. A l’inverse, la pratique d’un exercice physique en endurance améliore cette fonction.
Ce sont des effets indirects mais qui jouent un rôle central.
L’activité physique a également des effets indirects sur le système cardio-vasculaire :
– Une réduction des principaux facteurs de risques cardio-vasculaires comme l’hypertension artérielle, le diabète
– Une évolution des modes de vie car la pratique régulière d’activité physique est un comportement santé. Faire du sport cela signifie aussi moins fumer, être plus attentif à sa santé, respecter les dates des examens de dépistage.
– une réduction de la faim après l’exercice et un appétit mieux maîtriser.
– le maintien de son poids
– une action anti stress dont on sait le rôle dans la survenue de problèmes cardiovasculaires.
(Article du Figaro Santé )